Between Shade and Darkness – Fr

Dossier pédagogique accompagnant l’exposition: 

Between Shade and Darkness

Le sort des Juifs du Luxembourg de 1940 à 1945

(Décembre  2020)

Chères/Chers enseignant(e)s,

Memo Shoah et le Musée national de la Résistance vous remercient d’abord pour votre intérêt pour l’exposition sur le sort des Juifs du Luxembourg pendant la seconde guerre mondiale.

Il nous tient à cœur, en combinaison avec le travail historique de mémoire, de contribuer aussi à l’éducation à la citoyenneté ; en partant du passé nous nous proposons d’aiguiser les regards des jeunes pour développer une compréhension nuancée des événements actuels surtout au niveau des Droits de l’Homme.

Depuis le sanglant attentat sur la rédaction de Charlie-Hebdo à Paris en janvier 2015 il y en eut beaucoup d’autres dont ceux de Paris, Bruxelles, Nice, Barcelone, Manchester, Berlin, Pittsburgh, Christchurch, Halle, Hanau, Vienne et récemment encore Nice et Vienne… La relation de l’exposition « Between Shade and Darkness », traitant du vécu des Juifs du Luxembourg de 1940 à 1945, avec l’actualité saute aux yeux au vu des paroles, manifestations et agressions antisémites et/ou racistes qui resurgissent.

D’ailleurs ce n’était pas sans raison que, pour la première fois dans les soixante-dix ans de leur existence, que les Nations Unies ont organisé, en janvier 2015, une conférence spéciale sur le sujet de l’antisémitisme.

La présente exposition et le catalogue afférent, avec les textes de Laurent Moyse, renseignent de façon complète sur les faits et dates de ce qui est advenu aux Juifs de Luxembourg dans ces années de guerre. Y sont abordés e.a. l’augmentation de l’immigration de Juifs, les premiers débordements antisémites, l’isolement progressif, les mesures d’exclusion, les fuites, les expulsions et dépossessions, les déportations et finalement les camps de concentration et la politique d’extermination. Une attention particulière est aussi vouée aux rôles revenant au rabbin Robert Serebrenik et à Alfred Oppenheimer (chargé par l’occupant de diriger le « Ältestenrat der Juden ») pendant les années de guerres.

Ce dossier pour enseignants est sensé soutenir les pédagogues pour intégrer dans leur enseignement le sort des Juifs de Luxembourg de 1940 à 1945, mais aussi pour leur permettre d’aborder avec leurs jeunes les origines de l’antisémitisme et la situation d’aujourd’hui dans le domaine de l’antijudaïsme et de la poursuite des Juifs.

Le sort des Juifs pendant la dernière guerre mondiale peut, pour des jeunes d’aujourd’hui, être vu comme exemple type de stratégies d’exclusion toujours et encore présentes dans nos sociétés. L’actualité nous fournit plein de repères à ce sujet avec des discriminations racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, religieuses etc. Dernièrement ce sont surtout des brutalités se référant à des motifs religieux qui ont suscité les émotions surtout entre sunnites et chiites.

Dans la mesure où les pédagogues aident à montrer les parallèles entre les événements de la dernière guerre et les faits actuels ils contribuent à une meilleure compréhension de la marginalisation et de l’oppression et par cela au développement de stratégies et d’instruments contre les injustices sociales.

C’est dans ce sens que les responsables de Memoshoah  et du Musée national de la Résistance vous souhaitent un travail prolifique avec les jeunes qui vous sont confiés.

Contenu :

  1. Humanité et Droits de l’Homme
  2. L’exclusion comme phénomène des sociétés pluralistes démocratiques
  3. Mission de l’école
  4. Identité des apprenants
  5. Connaître l’histoire du judaïsme
  6. Les Juifs au Moyen-Âge / Comment « naissent » des clichés ?
  7. Des préjugés tenaces
  8. L’émancipation des Juifs en Europe
  9. En route vers l’Holocauste
  10. L’Holocauste
  11. L’après-guerre
  12. L’antisémitisme et ses formes actuelles
  13. L’antisémitisme dans l’extrême-droite
  14. Le conflit du Proche-Orient, la critique d’Israël et l’antisémitisme
  15. Le conflit du Proche-Orient et l’antisémitisme dans l’immigration
  16. L’antisémitisme chez les jeunes
  17. Le nouvel ennemi : l’Islam
  18. Responsabilité des parents et pédagogues
  19. Sources
  20. Contact

            

Humanité et Droits de l’Homme

« Chers enseignants,

J’ai survécu à un camp de concentration ; mes yeux ont vu ce que nul homme ne devrait jamais vivre : des chambres à gaz, construites par des ingénieurs instruits, des enfants empoisonnés par des médecins éduqués et formés. Cela me rend sceptique par rapport à l’éducation et l’instruction. Ma demande est la suivante : Aide tes élèves à devenir humains. » (Haim Ginott)

Cette citation souligne de façon émouvante la mission d’apprendre pour les Droits de l’Homme, afin que soient ancrées dans la conscience des Hommes, la conviction et la responsabilité pour le « PLUS JAMAIS » et pour un progrès humain.

En 1966 Theodor W.Adorno l’a formulé ainsi : «  La toute première des exigences envers l’éducation est celle que Auschwitz ne se répète plus ».

Sur l’arrière-fond de ces horreurs l’éducation pour les Droits de l’Homme est une approche à la fois de compréhension et de prévention. Regardons de près les causes pour ces violations des Droits de l’Homme, mais aussi les conditions et les ressources qui ont amené les êtres humains à résister.

Des questions prioritaires sont :

  • Quand et où des hommes ont réussi dans des processus d’apprentissages à rendre plus humaine la réalité de la société ?
  • A quel moment et pour quelles raisons l’intervention des hommes pour façonner leur avenir peut réussir ou échouer ?

L’Education pour les Droits de l’Homme s’organise autour de 3 domaines étroitement liés :

  1. Apprendre sur les Droits de l’Homme ; évolution historique et actuelle et réalisation des Droits de l’Homme dans le monde entier ;
  2. Apprendre par les Droits de l’Homme ; organisation d’apprentissages sur la base des valeurs et des normes des Droits de l’Homme ; (dignité, liberté, égalité etc.)
  3. Apprendre pour les Droits de l’Homme ; transmission et mise en pratique de compétences dont l’Homme a besoin pour s’engager pour la protection et la promotion des Droits de l’Homme.

L’exclusion comme phénomène de la société pluraliste démocratique

Les recherches sur les discriminations montrent que les marginalisations, les essais d’exclusion et la haine ont leur origine dans le fait que chaque société pluraliste fonctionnant en système de majorités politiques, utilise volontiers un certain groupe de sa société comme surface-cible pour des projections négatives ; sont souvent visés des étrangers, des Juifs, des Islamistes, des homosexuels,,, ;  selon le slogan, « les Irlandais ont les cheveux rouges, j’en connais un,, » on définit tout un collectif et on le marginalise globalement. De cette façon des Portugais, des Juifs, des Arabes ou, ou, deviennent des cibles et sont responsabilisés, comme une sorte de « représentant » pour des maux différents.

Mission de l’école

L’école a des moyens et prédispositions pour combattre les préjugés même s’il arrive que le travail d’émancipation d’un enseignant peut être détruit par des remarques irréfléchies d’un autre et que des parents ne collaborent pas et restent indifférents.

Il semble évident que l’homme a besoin d’une sorte de spectre ou de bouc émissaire pour pouvoir identifier dans son image du monde ce qui est bon et ce qui est mauvais ; pour les uns les « mauvais » ce sont des demandeurs d’asile, pour d’autres des homosexuels ou une nation étrangère ; face à ce comportement simpliste, c’est l’éducation qui reste la meilleure arme pour immuniser contre les préjugés et leurs conséquences.

Concernant les faits historiques, les malheurs des Juifs, il semble peu indiqué que les pédagogues jouent trop sur les émotions, par risque de susciter une sorte de saturation chez les jeunes mais les experts conseillent de veiller à présenter des informations précises sur ce qui s’est déroulé.

En dehors de la transmission de connaissances générales et nuancées de l’Histoire et des controverses politico-historiques, le plus important reste l’objectif d’aiguiser les compétences des jeunes pour reconnaître quand racisme et totalitarisme commencent à « germer ».

Identité des apprenants

Dans tout apprentissage, le vécu et l’environnement actuel des jeunes jouent un rôle prépondérant. La comparaison avec sa propre situation ou une éventuelle identification, facilite la compréhension des faits. Il importe donc de cibler le jeune dans sa propre biographie ; d’où vient-il, comment se définit-il, comme Luxembourgeois, comme serbo-croate, comme jeune catholique, musulman, ou juif ??

Dans les histoires de famille de nos jeunes on retrouve souvent les migrations et les redéfinitions d’identité. Le sujet de l’identité fait partie intégrante du travail contre les préjugés et la discrimination surtout parce que des discriminations sont souvent liées aux identités individuelles.

L’identité que les jeunes développent dans leur socialisation dépend de différents facteurs. (Provenance sociale, lieu de naissance, lieu où on a passé son enfance, appartenance religieuse, orientation sexuelle, sexe, famille, couleur de la peau, etc,)

Suite à ces facteurs les jeunes s’identifient avec une communauté. Cette identification peut être totalement autonome ou plus ou moins « dirigée » de l’extérieur.

L’exposition, en passant par la question « qui est Juif » dans la classe, peut fournir l’occasion de clarifier ce qu’on comprend sous une identité juive mais aussi de prendre en considération les histoires des migrations et d’éventuelles nouvelles définitions d’identité dans le groupe classe.

Histoire du judaïsme

Sans aucun doute une des raisons pour lesquelles ce sont encore et toujours les Juifs qui sont les victimes de marginalisation et d’exclusion, réside dans le fait que l’antijudaïsme représente la plus vieille tradition de forme de rejet et de haine dans l’Histoire. Afin de mieux comprendre comment s’est développé cette attitude antijuive, il est opportun pour l’enseignant de disposer de certaines connaissances de base de l’histoire juive.

  • la première guerre juive : après la révolte des Juifs contre l’occupant romain (66 ap.J.Ch.), c’est 7 ans plus tard que les Romains battaient les Juifs, détruisaient le temple de Jérusalem et chassaient les Juifs dans toutes les directions ;
  • L’essence même de la haine des Chrétiens contre les Juifs réside dans le reproche du meurtre de leur dieu, alors qu’en fait ce n’étaient pas les Juifs mais l’occupant romain qui avait condamné et crucifié Jésus :
  • Ce ne fût qu’en 1965 que le Concile du Vatican II, biffait le reproche du meurtre de dieu de la liturgie et condamnait toute forme d’antisémitisme :

Les Juifs au Moyen-Âge / Comment naissent des clichés

  • Dans les livres d’Histoire on retrouve trop souvent les histoires des pogromes, des croisades contre les Juifs et trop rarement les longues périodes de cohabitation paisible ; l’émancipation et la contribution positive des Juifs à l’Histoire européenne sont minimisées et ainsi est suggéré l’image de Juifs poursuivis en continu du Moyen-Âge jusqu’à l’Holocauste. S’en suit une sorte de fatalisme historique comme si une « normalité » de coexistence paisible entre Juifs et autres peuples d’Europe n’avait pas été possible, du moins pas durablement.
  • Cette vision étroite est à l’origine des déformations de la vérité historique, comme par exemple l’image qu’au Moyen-Âge les Juifs vivaient exclusivement dans des ghettos.
  • Dans de nombreux livres d’Histoire on retrouve aussi trop souvent l’image du Juif lié au marché d’argent ; ainsi une illustration montrant un prêteur d’argent catholique et flamand est publiée avec la note «  agent de change juif « ;  il y eut nombre de telles fausses publications et finalement le cliché des Juifs liés uniquement aux métiers d’argent était installé et des auteurs voyaient même des Juifs où il n’y en avait pas.
  • Du moment que se rajoutait le fait que simultanément on interdisait aux Chrétiens de prélever des intérêts et aux Juifs d’exercer certains métiers (surtout dans l’artisanat), c’est évident que le créneau restant aux Juifs était en grande partie celui de l’argent ; cette évolution conduisait aux pogromes connus : «  Si de nombreux habitants d’une ville devaient de l’argent à des concitoyens juifs la jalousie et la haine n’étaient pas loin et il devînt coutume de « liquider » ses dettes en tuant le créancier. » (« Rückspiegel », livre d’Histoire allemand/1995).  Au Larousse du « Brockhaus » (2004) on retrouve cette même logique dans un alinéa sur les Juifs au Moyen-Âge : « L’endettement de beaucoup de citoyens aggravait les aversions déjà existantes qui culminaient régulièrement dans des poursuites meurtrières des Juifs. » L’interdiction mentionnée de prélèvement d’intérêts par les Chrétiens ne fut pas respectée y inclus par l’Eglise même ; ce ne fut donc pas le cas que tous les créanciers étaient juifs ou que tous les Juifs étaient des créanciers, mais la plupart des Juifs travaillait dans le « petit commerce ». (Sur les occupations professionnelles des Juifs et leurs positions au niveau social vers la fin du Moyen-Âge et au delà, on peut aussi consulter judengasse.de).
  • La force de l’influence de tout stéréotype réside dans la simplicité de son schéma explicatif. D’abord, pour justifier les attaques contre les juifs il y eut le cliché des usuriers et de leur agiotage, plus tard étant mal à l’aise à cause des brutalités commises, on les condamnait mais on les expliquait en prétendant que les Juifs avaient été contraints à ces marchandages.
  • L’antijudaïsme désigne l’animosité religieuse, chrétienne qu’on retrouve encore en partie dans les formes actuelles de l’antisémitisme. Des théories de complot, subsistant encore de nos jours sous différentes formes, ont joué un rôle important. Les Juifs auraient un pacte avec l’ennemi étranger et à défaut avec le diable, – l’antéchrist-. Des motifs politico-économiques s’ajoutaient bientôt à ceux plus religieux pour la poursuite des Juifs.
  • La révolte des Cosaques (1648) où ces derniers ont, avec l’aide de paysans ukrainiens, causé de lourdes pertes aux troupes polonaises, est à l’origine d’attaques massives et violentes contre les Juifs de l’Europe de l’Est ; les Juifs au service des magnats polonais comme gouvernants, locataires, aubergistes, collecteurs d’impôt ou vivant comme commerçants dans les villes, étaient considérés comme représentants de la noblesse dirigeante polonaise, par les paysans et citadins ukrainiens.

Des préjugés tenaces

Des préjugés tels «  Les Juifs ont trop d’influence dans les marchés mondiaux de la Finance » datent de la fin du Moyen-Âge ; (selon un sondage de la « Anti-Defamation League » 25% des Allemands y croyaient encore en mai 2007).

Un des préjugés antisémites courants est celui du « Juif riche ». Des théoriciens antisémites du 19me siècle en passant par Hitler jusqu’aux aux adeptes de l’extrême-droite d’aujourd’hui on retrouve dans la propagande antisémite le stéréotype de la domination de l’économie par les Juifs.

La population juive était occupée dans beaucoup plus de métiers qu’on ne le pensait.

Dans la République de Weimar, ce n’était que dans quelques professions que les Juifs étaient surreprésentés, comme dans le commerce de bétail, dans la branche des vêtements et des chaussures ou encore dans le commerce de métal et de l’électricité. La crise économique mondiale de 1929 touchait à degré égal les Juifs et les Non-Juifs. Une des conséquences en était que beaucoup de Juifs quittaient leurs emplois dans les banques. Ainsi le taux d’occupation juive dans les banques et à la Bourse diminuait de 21,9% en 1882 à 3,8% en 1925 pour finir à 2% en 1933. Des affirmations contraires faisaient partie de la propagande antisémite et jusqu’aujourd’hui on retrouve des citoyens de croyance juive dans tous les domaines professionnels.

L’émancipation des Juifs en Europe.

Cette émancipation comprend le processus qui, lors de la transition de la société agraire vers celle de l’industrie, visait l’intégration juridique et sociale des Juifs.

Des débats émancipateurs dans la communauté juive mais aussi entre les différentes religions eurent lieu et on revendiquait la séparation de l’Etat et de l’Eglise et l’égalité des communautés religieuses. Ce mouvement de réforme touchait tous les centres de l’émancipation européenne et s’unissait de Varsovie à Florence et de Lisbonne à Stockholm. John Locke postulait : « Ni païens, ni Musulmans, ni Juifs ne devraient être exclus des droits de citoyen à cause de leur religion. » Cependant, le passage de groupe religieux marginal et exclu vers un groupe intégré avec les mêmes droits et devoirs, présentait des parcours en zigzag dans tous les pays européens. Dès 1781 les premières lois de tolérance pour les Juifs apparurent dans la monarchie autrichienne des Habsbourg. Suite à la Révolution Française on accordait pour la première fois des droits égaux aux Juifs et en Prusse la réforme de 1812 reconnaissait les Juifs comme citoyens. Néanmoins, le Romantisme avec ses idées sociétales anti-émancipatoires et nationalistes ravivait des préjugés contre les Juifs et en 1819 il y eut des excès violents antijuifs. Autour de 1840 les Libéraux, partisans de l’émancipation, gagnaient en force politique et ainsi les droits civils pour les Juifs devenaient une priorité dans les révolutions européennes de 1848. Dans l’Assemblée Nationale de Francfort, au Danemark, en Angleterre et en Italie l’égalité des Juifs fut décidée. Après de nouveaux revers, l’émancipation des Juifs fut seulement officiellement reconnue en 1871 dans la Constitution du nouvel Empire Allemand. Malheureusement dès 1879 un nouveau mouvement antisémite se formait en Allemagne pour propager son antijudaïsme en Europe. Pour la France le pamphlet antisémite « La France juive » de Drumont témoigne de la recrudescence de l’antisémitisme.

Différents facteurs dont les pogromes en Europe de l’Est, l’extrême pauvreté des Juifs qui y vivaient, le procès Dreyfus en France ont amené le publiciste viennois Théodore Herzl à évoquer dans son livre « Der Judenstaat » l’idée d’une patrie nationale juive.

En 1897 c’était à Bâle que siégeait le premier congrès sioniste. Le sionisme se voyait comme réponse juive au refus de l’émancipation des Juifs dans de nombreux pays européens. Le sionisme était divisé en différentes tendances religieuses et culturelles et, vu les pogromes et excès antisémites en Europe de l’Est, il y était plus ancré qu’à l’Ouest (ce qui allait changer après l’Holocauste).

Même s’ils n’émigraient pas en Palestine/Israël, de nombreux Juifs établissaient un  lien émotionnel avec ce pays qui leur donnait le sentiment de pouvoir y trouver refuge en cas de besoin. D’ailleurs, suite à la prise d’otage meurtrière du supermarché juif à Paris en janvier 2015, il y eut des émigrations de Juifs français.

En route vers l’Holocauste

Comme cité ci-devant, malgré tous les mouvements d’émancipation, l’Europe avait vu ressurgir à la fin du 19me siècle de fortes tendances antisémites. Selon de nombreux historiens, ce fut dans la première guerre mondiale que tombait le restant des mécanismes de protection contre l’antisémitisme. En Allemagne c’est la défaite honteuse qui en amène beaucoup à considérer les Juifs comme bouc émissaire. Ils seraient une des causes de la défaite et empêcheraient la remontée de l’Allemagne. Après la défaite au front de l’Ouest, des nationalistes allemands semaient la rumeur que des traîtres tels les Juifs et les socialistes auraient poignardé l’Allemagne dans le dos.

L’échec attisait davantage la haine des Juifs chez Adolf Hitler et dès 1919 il fit entendre que l’Allemagne ne pourrait être sauvée que si les Juifs étaient « écartés ».

Au début des années 1920, il était convaincu que l’Histoire était un combat éternel entre différentes races et que l’Allemagne devrait bientôt mener une nouvelle guerre pour détruire l’Union Soviétique et les Juifs qui la soutiendraient.

L’amertume après la première guerre mondiale et un certain nombre de crises allemandes (avec e.a. l’hyperinflation de 1928) auxquelles s’ajoutait la radicalisation sous Hitler faisaient que ces idées de haine puissent trouver écho et permettre l’instauration d’un programme systématique d’extermination des Juifs.

L’Holocauste

Souvent l’Holocauste est thématisé, sa singularité en arrière-fond, comme extermination systématique, bureaucratisée et industrialisée, portée néanmoins par un ressentiment irrationnel ; cependant on peut aussi le considérer comme partie de l’histoire et de la présence de l’antisémitisme en Europe.

L’Holocauste, cette « honte de la civilisation », est bien sûr issu du Troisième Reich et s’est réalisé dans le cadre de cette guerre dévastatrice national-socialiste, mais il y avait en même temps une collaboration active ou l’indifférence de nombreux autres Etats et sociétés. Il existait comme une sorte « d’entente des peuples » dans l’exclusion et la poursuite des voisins juifs. L’antisémitisme était – déjà dans la République de Weimar – un phénomène quotidien et faisait partie, dans de nombreux pays d’Europe, de l’esprit d’alors. La question des différentes nuances de l’antisémitisme dans les divers pays européens et la question dans quelle mesure l’Holocauste a modifié l’antisémitisme restent d’actualité.

L’après-guerre

Significatif pour la portée de l’antisémitisme dans différents pays : après 1945 près de 50000 survivants juifs ne purent rentrer vers l’Europe de l’Est vu que leurs communes étaient détruites mais aussi à cause de l’antisémitisme qui y régnait. Ils séjournaient donc dans des camps spécialement aménagés dans des casernes, hôpitaux, sanatoriums, écoles, cités ouvrières etc., camps dont le dernier resta ouvert jusqu’en 1957. La population allemande se montra pleine de préjugés pour les occupants de ces camps. C’était un mélange des suites de la propagande nazie contre les « Untermenschen », (sous-hommes) de xénophobie et de rejet de responsabilité vis-à-vis des victimes de la dictature nazie.

Beaucoup de concernés décrivent le retour à la « normalité » comme une période marquée par le retour de souvenirs traumatiques et leur refoulement, mais aussi par une sorte de fossé entre les survivants et leur entourage qui ne partageait pas cette expérience indescriptible.

Aussi beaucoup de revenants rencontraient des ressentiments et des portes se fermaient, surtout s’ils essayaient de récupérer leurs biens confisqués. Dans l’après-guerre avec les problèmes de reconstruction, les rivalités dans les redistributions de biens et les querelles pour le pouvoir, une sorte d’antisémitisme d’après-guerre s’est manifesté. Ce n’est que peu à peu que des survivants eurent plus de poids et d’écoute et commençaient à transmettre leurs expériences dans les écoles ou par des textes ; dans le cadre d’un processus de changement de mentalité historique il y eut une reconnaissance publique plus large pour les peines des survivants et le souvenir des morts.

L’antisémitisme et ses formes d’apparition actuelles

L’antisémitisme est une notion sous laquelle on entend des attitudes et des propos qui attaquent les Juifs en tant que Juifs et sont basés sur des préjugés et des hypothèses stéréotypes. Les animosités contre les Juifs ont une longue tradition et se manifestaient dans des époques différentes avec des intensités changeantes.

Selon les raisons ou les contextes on parlait d’antisémitisme antique, chrétien, nationaliste ou racial.

Afin de pouvoir différencier les formes actuelles de l’antisémitisme il est conseillé de

distinguer quatre phénomènes :

  • l’antijudaïsme chrétien : ici c’est le christianisme qui rejette le judaïsme qui l’a cependant précédé ;
  • l’antisémitisme racial ; il apparut au 19me siècle et ce n’était plus par leur religion que les Juifs étaient définis mais en tant que peuple, nation ou race ; cette forme d’antisémitisme est une idéologie qui responsabilise les Juifs pour tous les problèmes sociaux, politiques et culturels de l’aire moderne ; du temps des nazis l’antisémitisme racial devenait doctrine d’Etat et aboutissait dans la SHOAH, l’extermination des Juifs de l’Europe entière.
  • Depuis 1945 on parle d’une nouvelle forme dite antisémitisme secondaire ; ce n’est plus malgré Auschwitz mais à cause d’Auschwitz que la haine frappe les Juifs ; cet antijudaïsme réagit à l’extermination en la niant ou en culpabilisant les Juifs, donc en transformant les victimes en coupables. On impute aux Juifs de profiter de l’Holocauste pour s’enrichir aux dépens des Allemands non-juifs. Cet antisémitisme secondaire provient des sentiments de refoulement de la culpabilité et de la honte et se dirige contre les payements de dédommagement et de réparation. La négation de la SHOAH en est la forme la plus extrême.
  • L’antisionisme, quatrième catégorie, comprend des harcèlements religieux et politiques, dirigés contre le mouvement national juif – le sionisme – et contre l’Etat d’Israël. Cependant, des propos antisionistes ne sont pas forcément antisémites. Les critiques de la politique d’Israël et du sionisme peuvent être qualifiées d’antisémites si elles se basent sur des préjugés contre les Juifs ou incitent à la haine. Parfois aussi des tendances antisémites se retrouvent dans l’antisionisme quand Israël et d’autres Etats sont critiqués avec deux poids et mesures. L’antisionisme se manifesta en 1948 (après la fondation d’Israël) tout d’abord dans les pays socialistes de l’Europe de l’Est où il y eut des campagnes antijuives, des poursuites et des procès-spectacles. Dans les Etats arabes, où les Juifs étaient souvent des citoyens de seconde classe, c’est surtout le conflit du Proche-Orient qui a accéléré la prolifération de stéréotypes antisémites venant de l’Europe.

L’antisémitisme dans l’extrême-droite

L’hostilité contre les Juifs est bien ancrée dans l’extrême-droite et s’y retrouve par tous les temps dans tous les courants de cette orientation politique. De nos jours elle unit ainsi des groupes néo-nazis et conditionne même des liens entre des mouvements d’extrême-droite et les Islamistes. L’antisémitisme d’extrême-droite se manifeste par différentes actions : propagande, délits d’injures, incitation à la haine, vandalisme et profanations sur des cimetières, incendies, mais aussi violences ou assassinats.

Le conflit du Proche-Orient, la critique contre Israël et l’antisémitisme

Si une certaine hostilité à l’encontre des Juifs n’arrête pas de s’embraser, le conflit du Proche-Orient en est sans aucun doute une des raisons.

Ce conflit perdure depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948, moment où les Palestiniens ont quand-même rejeté et la création parallèle d’un Etat palestinien et la reconnaissance de l’Etat d’Israël.

Après des décennies pleines de violence ce conflit n’est toujours pas résolu. Régulièrement il y a des affrontements guerriers, (le dernier en été 2014) et de nombreuses négociations de paix n’ont amené que des périodes d’accalmie temporaires. Des points cruciaux restent la construction de colonies par les Israéliens, le tracé des frontières entre Israël et les territoires palestiniens et la création d’un Etat indépendant palestinien. Apparemment des deux côtés, les « hardliners » réussissent toujours à empêcher une solution de paix durable dans la région. Dans ce contexte un rôle important revient du côté palestinien au conflit entre le mouvement islamiste radical du Hamas et le Fatah plus modéré autour du président Abbas et du côté israélien aux oppositions entre les Juifs ultra-orthodoxes, national-religieux et laïcs ainsi qu’à la politique agressive de l’installation de colonies juives.

En tout cas, en raison de la complexité de ce conflit, pour les enseignants une approche nuancée des causes et du déroulement est recommandée.

Il est évident que la critique souvent justifiée de la politique d’Israël va de pair avec des propos antisémites généralisés. Lors de la conférence précitée des Nations Unies au sujet de l’antisémitisme, Ban-Ki-Moon, secrétaire général de l’ONU le résumait de la façon suivante : « Le désaccord avec la politique d’Israël ne peut pas être une excuse pour des attaques antisémites. »

Il y a toujours des discussions si et sous quelle forme la critique dirigée contre Israël est légitime et à quel moment elle devient antisémite. A regarder de plus près des propos publics, l’on constate que régulièrement les médias formulent des critiques des gouvernements israélites sans qu’on puisse reprocher de l’antijudaïsme à ces commentaires. Mais cela n’exclue pas que d’aucuns, sachant que les autorités des démocraties sanctionnent l’antisémitisme ouvert, profitent des discours sur le Proche-Orient pour harceler les Juifs sans devoir se positionner comme antisémite. Les débats politiques et scientifiques des dernières années ont fait surgir des critères pour distinguer la critique objective de la politique d’Israël et les propos antisémites. L’antisémitisme se révèle par les caractéristiques suivantes :

  1. La vision du Juif comme coupable collectif ; on ignore et la distinction entre Israéliens et Juifs, et les oppositions manifestes entre les Juifs eux-mêmes ( en Israël et ailleurs) par rapport aux décisions de leurs gouvernements.
  2. Des stéréotypes antisémites traditionnels ; l’image du Juif revanchiste et arrogant qui croit son peuple supérieur aux autres et le complot mondial juif font partie de ce répertoire.
  3. Une représentation en noir et blanc du conflit du Proche-Orient. Souvent le conflit complexe est réduit au schéma simpliste agresseur-victime et la part de responsabilité revenant aux extrémistes palestiniens est minimisée.
  4. L’application de deux poids et mesures ; les critiques antisémites appliquent d’autres critères pour juger les actions des gouvernements israéliens que pour celles d’institutions palestiniennes ou d’autres dirigeants d’Etats.
  5. L’inversion coupable-victime ; la critique antisémite envers Israël se révèle un essai de gérer un sentiment de culpabilité dû à l’Holocauste ; dans aucun autre conflit on ne retrouve autant de comparaisons ou d’allusions par rapport à l’Allemagne nazie. On observe une projection de l’Histoire allemande dans le Proche-Orient. Les descendants des victimes des nazis sont vus comme les coupables d’aujourd’hui et cela remettrait en équilibre une sorte de bilan historique. Pour une critique objective la question suivante s’impose : Qui a fait quoi, quand, où et comment ?

Conflit du Proche-Orient et antisémitisme dans la société d’immigration

Le conflit du Proche-Orient polarise l’opinion publique dans tous les pays ; avec les montées des violences en Israël et en Palestine on vit apparaître en Europe (surtout en France et en Allemagne) toujours plus de harcèlements verbaux et physiques contre des Juifs ou leurs institutions ; on avait connu ce phénomène déjà suite aux guerres en Afghanistan, en Irak et au Liban ; vu leur très forte identification en tant qu’Arabes et/ou Musulmans, beaucoup de jeunes immigrants issus de familles arabes se sentent directement et personnellement concernés. Le repli sur la religion ou le pays d’origine comme source d’identité individuelle et collective augmente dans la mesure où les jeunes ne se sentent pas acceptés dans leur nouvelle patrie européenne. Nombreux sont ceux qui vivent dans la précarité dans le nouveau pays et dans la gestion de leurs sentiments d’infériorité les méfiances et les préjugés par rapport aux Juifs réapparaissent très vite. A nouveau les Juifs deviennent les boucs émissaires. Ainsi des jeunes Européens et les jeunes des familles immigrées musulmanes partagent des ressentiments antisémites par exemple dans leurs propos que les sociétés européennes se plieraient à un chantage de la communauté juive à cause de leurs sentiments de culpabilité.

L’antisémitisme chez les jeunes

Que faire si l’injure « sale Juif « revient à la mode ? Si des jeunes parlent d’un complot mondial judéo-américain ? Si un jeune immigré d’origine arabe estime que les Juifs feraient aux Palestiniens ce qu’on leur avait fait dans l’Holocauste ?

Au vu de l’Histoire de la poursuite et de l’extermination des Juifs européens une sensibilité particulière est indiquée si des attitudes, propos ou actions ciblent les Juifs. La responsabilité pour la sécurité des Juifs et pour une culture politique saine nous interdit de tolérer tout simplement des propos antisémites. Une réaction pédagogique réside dans le dialogue. Tout d’abord il faut une écoute nuancée des propos des jeunes.

  • C’est assez rare que des propos et arguments antisémites stéréotypes soient des éléments de visions politiques consistantes du monde, faisant partie d’une idéologie nationaliste et d’extrême-droite ou dune approche d’un islamisme politique. Si cependant on note une orientation politique très claire, le travail éducatif doit aborder de manière plus complexe le discours sur les bases principales des orientations idéologiques et politiques.
  • Des nuances de fierté nationale et les convictions sur des théories de complot mènent clairement vers des argumentations antisémites. Ici des offres fondamentales de formation politique s’imposent dans des discussions sur e.a. les identifications nationales, les idées sur les sociétés et les communautés, l’Histoire politique, les lectures diverses du conflit du Proche-Orient, le rôle des Etats-Unis d’Amérique dans le monde, la globalisation etc.
  • Souvent avec l’emploi de certains stéréotypes ou de propos antisémites, part les jeunes veulent plutôt provoquer les enseignants qu’exprimer un antisémitisme consistant ; tout en considérant cela on ne peut ignorer le contenu des propos ; des propos antisémites ne sont jamais quelconques.
  • L’emploi du mot « Juif » en tant qu’injure ne doit pas nécessairement cibler les Juifs, mais cela reste lourd de conséquences en contribuant à une connotation négative du judaïsme.
  • Les jeunes sont nombreux à supposer une différence entre « eux » et les « Juifs ». Les images complexes qu’on a sur soi et sur l’autre, imposent au travail éducatif de créer les conditions pour développer un regard réfléchi sur les dessous des processus nationalistes, ethniques et religieux dans la construction d’une identité collective. Dans ce travail pédagogique il importe de faire comprendre aux jeunes que les appartenances nationales et religieuses peuvent être choisies et résiliées.

Nous ne devrions pas généraliser en condamnant moralement des propos antisémites, mais veiller à des réponses nuancées pour convaincre les jeunes qu’il n’existe pas de justifications pour l’antisémitisme.

Un nouvel ennemi : L’Islam

Peut-on parler de l’ironie du destin, si les nombreux actes de barbarie des extrémistes islamistes font vivre aux Musulmans en Europe le phénomène d’exclusion qu’ont connu les Juifs avant eux ; sans aucune différenciation l’Islam devient la cible de harcèlements et tous les Musulmans sont suspectés. En décembre 2014 le mouvement PEGIDA (patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident) se constitue à Dresde en Allemagne et trouve des milliers de sympathisants dans beaucoup de villes ; très vite se propagent, de la part de citoyens européens, des propos pleins de haine contre les Musulmans, propos qui rappellent ceux ciblant les Juifs il y a 80 ans.

A nouveau de subtils manipulateurs prêtent de mauvaises intentions à une communauté religieuse entière et parviennent à influencer la perception, les sentiments et les actes de beaucoup de citoyens. Une réalité très complexe est réduite à une vision bipolaire qui construit de façon schématique un « nous » et un «les autres ». L’image de l’Islam ennemi n’est pas nouvelle ; ses racines historiques remontent au 8me siècle quand l’expansion islamiste faisait naître en Europe l’image de l’Islam comme religion de l’épée.

Le prophète Mahomet, fondateur de l’islamisme devint l’antéchrist, figure diabolique qu’on retrouve dans toute sortes de polémiques.

De nos temps, les attentats du 11 septembre 2001, l’assassinat du régisseur néerlandais Van Gogh (2004), les attentats meurtriers de Londres et de Madrid, la proclamation de l’Etat Islamiste, des exécutions répétées de journalistes ou de membres d’ONG et dernièrement en janvier 2015 les crimes dans la rédaction du journal satirique « Charlie-Hebdo » et dans un supermarché juif ont mis et remettent l’Islam dans le focus des débats médiatiques et publics.

A l’Occident avec toutes ses prouesses et conquêtes on oppose l’Islam qualifié comme rétrograde, irrationnel et violent. En dénigrant les Musulmans, « les autres », nous valorisons, en tant qu’identité, notre propre groupe : « nous » sommes supérieurs.

Souvent tout acte condamnable d’un Musulman ou d’une personne perçue comme tel est imputé à sa religion tandis que pour l’Européen baptisé on accepte que son identité, en tant qu’individu, ne soit pas uniquement tributaire de son appartenance au catholicisme, protestantisme ou judaïsme.

Les argumentations avec des citations du Coran suggèrent en plus que l’Islam est une religion monolithique qui n’aurait, depuis 1400 ans, pas connu d’évolution tandis que « nous » avons connu le siècle des lumières et sommes arrivés dans les temps modernes. Une caractéristique de l’islamophobie est l’imagination d’une domination imminente des Musulmans dans nos sociétés, la crainte donc d’une emprise étrangère, (« Überfremdung ») alors que les Musulmans ne représentent que 6% des habitants de l’Europe. La revendication que les Musulmans adhèrent à nos cultures démocratiques et au concept d’un Etat de droit, implique que, de par leur nature, ils sont des citoyens sans loyauté.

De ces présumés adversaires, des articles et des photos dans les journaux politiques créent des images à forte teneur idéologique.

La responsabilité des parents et pédagogues

Les considérations qui précèdent montrent que dans la construction de phobies et la désignation d’adversaires, des facteurs divers à la fois sociaux, culturels et psychologiques jouent un rôle. Ce n’est pas sans raison que Nelson Mandela a affirmé que l’éducation est le plus important instrument contre la montée d’exclusions et de violences. Les parents, les pédagogues et les écoles ont donc une responsabilité particulière quand il s’agit d’offrir aux jeunes, en travaillant sur notre passé, les pistes d’orientation pour une compréhension nuancée d’un quotidien complexe et pour le développement des moyens d’actions pour créer un avenir, avant tout, humain.

Sources:

Antisemitismus in Geschichte und Gegenwart ( Zentrum für Antisemitismusforschung / tu.berlin)

Robert Hoeniger : «  Zur Geschichte der Juden Deutschlands im frühen Mittelalter «  in Zeitschrift für die Geschichte der Juden

Wolfgang Borchert/Reinhardt Möllner, Jüdisches Leben in christlicher Umwelt, -Cornelsen Berlin 1991

Jakob Katz : Aus dem Ghetto in die bürgerliche Gesellschaft (Frankfurt a.M. 1986)

Albert Scherr/Barbara Schäuble : «  Ich habe nichts gegen Juden, aber.. » (Berlin 2006)

Feindbild Islam oder Dialog der Kulturen ; (Hrsg. Jochen Hippler, Andrea Lueg, Hamburg)

Antisemitismus und radikaler Islamismus (Hrsg. W.Benz,J.Wetzel, Essen 2007)

Woher kommt Judenhass ? Was kann man dagegen tun ? (Verlag an der Ruhr)

Les liens suivants offrent des détails supplémentaires pour un approfondissement dans les cours:

www.antidiskriminierung.org

www.compactmemory.de

www.juedischesmuseum.de

www.lernen-aus-der-geschichte.de

www.menschenrechte-in-der-schule.de

www.projekte-gegen-antisemitismus.de

www.schule-ohne-rassismus.org

Contacts:

Musée national de la Résistance – +352 54 84 7221  Frank Schroeder, Directeur

www.musee-resistance.lu  –  www.facebook.com/MuseeResistance  

MemoShoah asbl : Jim Goerres, Président :  621736738, jim.goerres@education.lu

Claude Marx, témoin direct (ancien enfant caché) 621 279 541, clmarx@gmail.com

www.memoshoah.lu  –  info@memoshoah.lu

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